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[interview] Dominique Perrier
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GeeJee 
The GUV'NOR


Age: 32
Joined: 28 Mar 2006
Posts: 18852
Location: Zwolle, The Netherlands
  Posted: Tue May 08, 2007 5:54 pm   [interview] Dominique Perrier

interview
Dominique Perrier

par GeeJee

Quant on parle des collaborateurs de Jean Michel Jarre aux côtés de Michel Geiss et Francis Rimbert, Dominique Perrier est un sujet inévitable. Servant JMJ avec des collaborations artistiques proches, mais plus précisément, étant l’homme derrière les solos sur les albums et pendant les concerts sur scène. Il est arrivé à devenir l’un des membres du groupe le plus populaire, mais est simplement parti après le concert mémorable à Moscou en 1997. Que lui est-il arrivé...? GeeJee l’a finalement retrouvé pour lui poser quelques questions sérieuses...

GeeJee:Dites-nous comment vous avez commence dans la musique.
Dominique: j’ai commence à jouer du piano à cinq ans. Mon père était un pianiste, et mon grand père était violoncelliste. J’ai étudié le violoncelle entre 12 et 15 ans, j’arriver plutôt bien à en jouer. Mais quand les premières platines apparurent j’ai formé mon premier groupe, "Les Outlaws", spécialisés dans le répertoire des Shadows. Nous répétions le samedi et le dimanche car j’allais encore à l’école. Je travaillais la lithographie gravée à l’Ecole Estienne, où j’ai rencontré un très bon guitariste de jazz qui m’a appris comment lire des partitions de musique, j’ai fait beaucoup de progrès à ce moment, vu beaucoup de musiciens et chanteurs comme Fr David, avec qui j’ai fait pour la première fois une tournée dans une pièce de Picasso "Le Diable Attrapé Par La Queue", c’était en 1969. il y avait les sofs-machine, desquels j’étais fan, qui jouaient en seconde partie. Au début de la nouvelle année scolaire, j’ai quitté l’école et ce fût Michel Assa (le bassiste) qui m’a connecté avec Michel Fugain, que j’ai accompagné Durant deux ans et demi. Quand j’avais 22 ans, j’ai commence à écrire des arrangements pour Michel et pour d’autres... A 25 ans j’ai rencontré Eric Demarsan, avec qui j’ai collaboré pendant deux ans, puis ce fût le tour de Christophe, qui m’a fait découvrir le synthé ARP Odyssey.

G: Et vous avez rencontré Jean Michel quand vous travailliez avec Christophe, c’est ça ?
D: Oui, j’ai rencontré Jean-Michel aux Studios Ferber, où nous passions des nuits avec Francis Dreyfus et Christophe à chercher des sons sur son petit clavier...

G: Dites-nous comment votre groupe “Space Art” s’est formé.
D: C’était principalement une nécessité, quand on avait tous ces sons sous la main, pour les faire vivre. Après l’enregistrement de "Bahamas", l’album du groupe de Christophe, nous sommes restés, Roger Rizzitelli et moi. Il y avait cette batterie qui marchait tout le temps à Ferber ...Nous avions le studio pour nous ! Je nageais dans cette ambiance musicale. Et cela fût fait en 15 jours, avec un ARP et les percussions du studio, un Eminent et un orgue Hammond.

G: Et après ça ?
D: Dès que l’album fût commercialise, nous sentions qu’il marcherait. J’étais un peu fatigué, je me souviens, après 2 années entières au studio (2 albums de Christophe, un de Bahamas et de beaucoup d’artistes qui passaient...). Je m’échappais de la face du pays ! ...en laissant seule la promo qui, après tout, n’avait pas besoin de moi –je sais, ce n’est pas poli- mais le concept par lui-même m’y obligeait.
Nous avions même fait toutes les émissions de télévision le jour pendant lequel Carrère, le distributeur, me rencontra...par téléphone dans un café dans lequel j’étais à ce moment...!

Space Art
Dominique Perrier s’allia avec Roger Rizzitelli, qui se joindra plus tard sur scène pendant les Concerts En Chine de Jean Michel, pour former son groupe Space Art. A la fin des années 70, ils avaient commercialisé 3 albums intitulés Onyx, Trip In The Center Head et Play Back et un single 12 pouces intitulé Nous Savons Tout. Ce sont des pièces très intéressantes de l’histoire des synthés analogiques et valent vraiment le coup d’être écoutés. Ces albums ont été recommercialisés sous le label German Repertoire-label, mais Onyx n’est actuellement plus commercialisé. Trip In The Center Head est toujours disponible en vente, parmi d’autres, sur www.groove.nl. Un boxset spécial Space Art avec des morceaux bonus sera commercialisé l’année prochaine.



Onyx (1976), Trip In The Center Head (1978) et Play Back (1980)

Une vidéo allant avec la musique d’Onyx (1976) peut être trouvée ici. La qualité de la vidéo n’est pas très bonne, mais elle vous donne au moins une idée de ce à quoi ressemble la musique.

G: Vous avez alors commence à travailler directement avec Jean Michel pour la première fois.
D:C’est quand je revenais de Singapour, où j’étais allé à un piano bar pour me relaxer. Jean-Michel est venu me voir à ma maison. Nous avons parlé pendant une après-midi de toute cette expérience. Et les Concerts En Chine, bien…
Le coup d’œil des quelques chinois était merveilleux, naïf et curieux, qui notaient nos changements de sons sur leurs calepins, reste pour moi le meilleur souvenir de ces concerts.

G: Quel était votre rôle exact pendant ces concerts ?
D: Pour le premier concert en Chine, j’avais trouvé mon instrument : le Moog Liberation (le premier portable). C’était vraiment la liberté, du temps auquel les claviéristes étaient obligés de rester vissés dans un énorme tas de machines. C’est bien sûr le rôle de soliste que JM m’a donné.
Je l’ai fait avec beaucoup de plaisir…

G: Comment avez-vous collaboré avec Fréderic Rousseau et Roger Rizzitelli durant ces concerts ?
D: Fréderic Rousseau était spécialisé dans les séquences, avec MDB 8 pistes, le pionnier, je pense. Quant à Bunny, (Roger Rizzitelli) il avait un magnifique son de batterie, une unique façon d’en jouer et en plus, il était et est toujours mon ami.

G: Après ça, vous avez travaillé avec Didier Marouani et son groupe Space, c’est ça ?
D: Oui, - j’ai participé à une tournée comme claviériste. Le travail était différent de celui avec JM, il n’y avait pas de création, les pistes étaient arrangées, il y avait des partitions...
J’ai travaillé sur “Paris-France-Transit”.
Cela sonnait bien, tout spécialement les morceaux chantés par le ”Vicking”, un vieux membre du groupe “Titanic”.

G: Vous ne travailliez plus avec JMJ durant son concert Lyon en 1986…
D: JM ne m’avais pas invite pour ce concert, je ne sais pas pourquoi, mais dès qu’il en fût revenu, il m’a demandé de travailler les solos. En fait, à partir de ce moment, j’allais rester dans son studio pour longtemps.

G: Après ça, vous êtes devenu un collaborateur de longue durée de Jean Michel. Qu’est-ce qui vous a marqué pendant ces concerts extraordinaires en extérieur ?
D: Les concerts étaient un flot de technologies. Mais ils étaient très longs à préparer (6 mois dans le studio et environ 2 semaines sur site). A Londres, la pluie nous embarquait et la scène, montée sur des canots, commençait à flotter hors des docks… panique !!

G: Vous avez travaillé auprès de Jean Michel sur quelques-uns de ses albums entre 1986 et 1993. Quel était votre rôle durant cette collaboration ?
D: J’ai travaillé avec JM sur le solo de second Rendez-Vous, les violoncelles arabes sur Révolutions, les Steel Drums sur En Attendant Cousteau, les solos sur Chronologie, et beaucoup plus. Je pense que j’étais très proche de Jean Michel dans son esprit musical. Cela marchait très bien.

G: Pendant les concerts à cette époque, vous êtes redevenu le soliste du groupe encore une fois. Comment vous êtes vous accommodé à ce rôle ?
D: Ca s’est fait tout seul…

G: Pendant la tournée Europe En Concert, Jean Michel a choisi de travailler avec Patrick Rondat comme le soliste sur guitare électrique. Cette compétition vous a poussé dans un coin derrière une pile de synths pour la première fois en dix ans…
D: Patrick Rondat est devenu un grand ami. C’est un virtuose et il apporte beaucoup dans les concerts de JMJ. La guitare était bonne par-dessus tous ces synthés ! Nous n’étions jamais en compétition…au contraire ! Il reproduisait parfaitement les notes de mon chorus, une vraie joie !

G: Quel est l’instrument sur lequel vous préférez jouer ?
D: Je vais vous renverser. C’est le piano. C’est le plus sympa, celui qui sonne le mieux.

G: Je parlais en fait de synthés. Je me souviens d’un vieil article où votre synthé préféré était à l’époque un Kurzweil K2000…
D: En effet, j’aime beaucoup le K2000, mais les choses évoluent… maintenant il y a le Triton...

G: Quand vous jouez les solos dans le studio ou sur scène, sur quel contrôleur midi aimez-vous le plus ? Ou préférez-vous faire les solos directement sur le clavier ? Et que pensez-vous des ribbons et barres de pitch etc.?
D: Le Moog Liberation midifié, mais je préfère jouer sur le synthé. Je préfère 2 roues séparées pour la modulation et le pitch.

G: Votre solo favori ?
D: Souvenir De Chine, version live de l’Oxygene Tour avec un Nord Lead.

G: Pouvez-vous en fait encore jouer tous ces solos ?
D: Vous ne pouvez pas les oublier !

G: Et que pensez-vous de tous ces fans et musiciens qui essayent de refaire vos solos jusqu’aux moindres détails ?
D: C’est bien au début mais vous pouvez vos propres chorus quand vous avez un peu de d’habileté technique… Ecoutez toujours de la bonne musique mais ne copiez jamais !

G: Travailliez-vous sur des projets privés quand vous travailliez avec Jean Michel ?
D: Bien sûr, je travaillais sur des choses personnelles mais Jean-Michel était omniprésent, et j’étais aussi content qu’un enfant quand je prenais la route de son studio

G: Quel est votre moment le plus mémorable quand vous avez travaillé avec lui ?
D: J’ai trop de bons souvenirs pour en choisir un… peut-être quand nous sommes allés enregistrer les steeldrums à Trinidad, l’orchestre les attendait dans un garage misérable, avec les enfants qui jouaient dans la poussière… une décharge électrique des premiers temps m’arracha des larmes de mes yeux. La terre commença à trembler, le temps s’arrêtait. Je n’avais jamais ressenti une émotion si grande.

G: A la fin des années 90 vous avez commence un autre projet personnel, un groupe, nommé Stone Age. Parlez-nous-en !
D: Je venais juste de finir mon studio quand un ami claviériste, Jérôme Gueguen, m’a envoyé une démo chantée en Breton. Avec Michel Valy (basse) et Marc Hazon (batterie) nous la finalisâmes, et firent d’autres titres avec quelques morceaux instrumentaux et deux titres chantés par ma femme, Janette Woollacott.
Pour les morceaux en Breton, c’est Marielle Hervé qui a pris soin des parties chantées.
Puis, nous ajoutèrent des instruments traditionnels comme la bombarde et les cornemuses (Youenn Leberre), une « Yuleen pipe » (Davy Spillane). Sony nous assigna au label Colombia.


Stone Age (de gauche à droite): Jérôme Gueguen (alias Lach'llaouet; Synthés, Chants, Accordéon, Keypipe), Michel Valy (alias Kervador; Basse, Chants, Mandoline), Marc Hazon (alias Marc De Ponkallec; Batteries, Percussions, Chants) et Dominique Perrier (alias Terracotta; Claviers, Chants). Pas sur la photo : Janette Woollacott (alias Maureen ; chants), Mariëlle Brenda & Gaëlle Hervé (alias Maribrengaël Triad; chants), Youenn Leberre (alias Youenn; flûtes)

G: Que pouvez-vous dire concernant le style de Stone Age? Beaucoup de personnes le disent similaire à Era, Enigma et Deep Forest...
D: C’est vrai, mais différemment de Deep Forest, notre inspiration venait de notre jardin...

G: Dans votre groupe, tout le monde a des surnoms.. vous êtes appelé Terra Cotta, par exemple. Quelle est l’histoire derrière des noms ?
D: Ils sont le résultat de quelques délires entre nous... Ils sont purement inventés, excepté pour le Marquis de Poncallec qui exista vraiment (Hazon).

G: Et Patrick Rondat était aussi impliqué ?
D: Patrick Rondat est venu pour faire un peu de guitare sur le second album, car il avait un son qui se mixait parfaitement avec les synthés, voix, et aux instruments traditionnels.

G: Quel est votre rôle dans le groupe ?
D: Mon rôle allait de musicien à producteur, en passant par maintenance du studio et vider les cendriers …

G: Avez-vous fait des concerts ?
D: Nous avons fait une tournée mémorable en Bretagne, le festival interceltique de Lorient, Disneyland, des concerts partout dans une ambiance atmosphérique et amicale.
A compter de la commercialisation du premier album, les résultats à l’étranger étaient très bon : Japon, Australie, Canada, Etats Unis (où le groupe est nommé “Stone-Edge”)

Stone Age commercialisa pour la première fois un album en 1994, simplement intitulé Stone Age, avec un style très similaire à ce que nous connaissons actuellement d’Enigma, Era et Deep Forest. Un autre album fût commercialise en 1997, intitulé Les Chronovoyageurs, qui comprenait des collaborations avec, entre autre, Patrick Rondat et… Claude Samard, c’est vrai, l’actuel directeur musical de JMJ. Ce monde est petit, vous voyez ? Les autres membres du groupe connus incluent Michel Valy, le substitut de Guy Delacroix pendant le concert de Hong Kong à la basse. Stone Age commençait alors à composer leur troisième album Promessa et avait travaillé sur leur prochain album depuis plutôt longtemps. Il est prévu pour la fin de l’année prochaine.



Cliquez ici pour un vidéo clip de Maribrengaël (1997) et quelques autres clips live de Stone Age.

Similaire à Enigma et dans le genre ou non, Stone Age a son propre style. La musique est très originale et unique et vaut le coup d’être cherché. Malheureusement tous les albums ne sont plus commercialises et ne peuvent se trouver qu’en occasion.

G:Que pouvez-vous nous dire concernant le prochain album de Stone Age ?
D: C’est le quatrième album de Stone Age. Les plus joués (orgue, piano, basse, batterie), toujours avec des instruments traditionnels (cornemuses, bombarde, flûte, jouée par Youenn Leberre, violons, joués par Robert Legall, violoncelle, joué par Anton Yakovleff) voix de femmes (Janette Woollacott, Marielle et Gaël Hervé, Maria Popkiewics), René Lebhar à la guitare ainsi que Patrick Rondat. C’est plus ‘live’ que les autres. Mon ami Bunny Rizzitelli est venu mettre ses mains dans la programmation des batteries sur un morceau. La réalisation de cet album a pris 3 ans. C’est un hommage aux Indiens d’Armorique.

G: Vous travaillez aussi sur des musiques de films, et vous travaillez pour la TV… que pouvez-vous en dire ?
D: J’ai ris beaucoup avec mon ami Bob Decout qui a toujours des idées qui énervent les autres, une façon de parler et un humour irrésistible.
Pour RTL, - j’ai réalisé quelques musiques avec Gaya Bécaud (publicités, information, virgules, flashs météo et génériques)

G: Après le concert de Moscou en 1997, vous semblez avoir disparu de la scène de JMJ ? Que s’est-il passé..?
D: J’avais besoin de m’éloigner de cette ambiance de tournée, mais pas de Jean-Michel, avec qui je suis toujours ami.

G: Les choses bougent, et Jean Michel change la façon dont il joue sur scène, mais beaucoup de fans pensent que JMJ devrait travailler avec un groupe sur scène. Qu’en pensez-vous ?
D: Je suis tout à fait d’accord.

G: Vous êtes toujours très populaire et beaucoup de personnes veulent que vous reveniez travailler avec JMJ de nouveau…
D: J’en suis très flatté mais je dois penser à ma famille !


GeeJee veut remercier Dominique Perrier et Eric Vera ainsi que Nicolas Kern (alias Nico Noyau)

Plus d’infos sont disponibles sur
Le Site Web Officiel de Stone Age | www.stone-age.fr

Cette interview © GeeJee / Zoolook 2006

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